LIBRARY

OF THE

Museum of Comparative Zoology

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CATALOGUE RAISONNÉ

OBJETS DE ZOOLOGIE

RECUEILLIS DANS UN VOYAGE

AU CAUCASE ET JUSQU'AUX FRONTIÈRES ACTUELLES DE LA PERSE ENTREPRIS PAR ORDRE DE

S& M. L'EMPEREUR

P À k E MÉNÉTRIES

CONSERVATEUR DU MUSÉE ZOOLOGIQUE DE L’ACADÉMIE IMPÉRIALE DES SCIENCES DE ST.- PÉTERSEOURG,

MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DES NATURALISTES DE Moscou,

Présenté à l'Académie IMPÉRIAIE des sciences de St-Pétersbourg le 1 Février 1832.

Sr.-PÉTERSBOURG,

DE L'IMPRIMERIE DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE DES SCIENCES,

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Rectifications et fautes typographiques.

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Page 22, ligne 26 au lieu de ab ansis basi, lisez ab aurium basi. 27, au lieu de Cauda brevissima obtecta, lisez Cauda brevissima ferè obtecta. 29, ajoutez: et il a la queue plus courte et plus gar nie. | 69 au lieu de Coluber Caucesicus, Pall., lisez €, Austriaca;y ainsi que me l’a assuré Mr. Eichwald. 34 au lieu de Syhia mystacea, mihi, lisez Sylyia subalpina, Bon. ; je viens de me convaincre de cette erreur, par 1 Ornithologie provinçale de Roux, l'oiseau est parfaitement bien représenté, PI. 218, Cette même rectification est à faire au tableau p. II. TT à l’article Cossyphus Tauricus, ajoutez : Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou et. IN, p. 426, PI. 4, Ho) 1 26 205, 908, lisez Æhipiphorus sulcatus, Fisch. Bulletin de la Société des Nat, de Moscou T. IV, p: 429, Pl he. 6 219, rayez entièrement le 985. Tableaux, page I, au lieu de 2 à 600 pieds, lisez de 2 à 6000, à l’article Cricetus nigricans, ajoutez ce signe K à la première colonne du Caucase. Page IL, au lieu de 8 à 1000 pieds, lisez 8, à 10000 pieds. V, au lieu de g à 1000 pieds, lisez 8 à 10000 pieds. VIII, au lieu de hautes Alpes à 1000, lisez hautes Alpes, de 8 à 10000 pieds. XV, au lieu de Buprestis coracina, Stev. lisez Buprestis plabrata, Menetr,

_ Au lieu de Buprestis formosa, Falb, lisez Buprestis pillosula, Stev.

Le travail que j'offre ici, n'est point la description de mon voyage, mais ‘un court aperçu de la nature et de la position respective des différens pays que j'ai parcourus, afin de rendre plus claire et plus précise la description des nouvelles espèces que j'airencontrées dans ces régions peu connues jusqu'à ce jour,

Choisi par l'Académie des Sciences en qualité de Loologue pour faire partie d'une expédition scientifique qui avait obtenu la sanction de Sa Majesté l’'Em- pereur, Je parüs de St-Pétersbourg le 7 juin 1859, avec Messieurs Kupffer, Lenz et Meyer.

Des circonstances qu'il serait trop long d'énumérer nous ayant retenus, il fallut faire tous nos préparatifs à la hâte pour arriver à temps au quartier général du corps militaire avec lequel nous devions nous rendre à l'Elbrouz.

C'est le 25 juin que nous arrivâmes 4 Pétigorsk (bains du Caucase); nous trouvâmes déjà tout le corps prêt à se mettre en marche, et Son Excellence Mr. le Général Emmanuel nous déclara que le jour même on partirat; ainsi encore fatigués d'un voyage long et pénible, et sans avoir le temps de rien pré- parer de ce qui nous était nécessaire, nous fûmes contraints de nous mettre en marche.

Si donc je n'ai rien pu faire pendant le voyage de St-Pétersbourg à Péti- gorsk, quoique la saison et les contrées pussent m'offrir des objets intéressans, il faut en attribuer la cause à l'extrême diligence avec laquelle nous nous rendimes au lieu de notre destination.

L'expédition militaire commandée par le Général Emmanuel ne dura qu'un mois, et déjà le-21 juillet nous étions de retour à Pétigorsk.

Il est facile de juger d'après cela, combien nous avons été gênés dans nos

recherches, surtout si l'on considère que nous ne pouvions nous écarter du convoi I

2

militaire sans être exposés à tomber dans Îles mains des peuples du Caucase, parmi lesquels l'alarme s'était répandue à notre approche. Cependant le Général qui cherchait tous les moyens de faciliter nos recherches,; nous donnait quelques cosaques pour nous accompagner dans nos excursions, en nous recommandant toutefois, de ne point perdre le camp de vue.

Malgré tous ces obstacles , j'ai néanmoins eu lieu d'être satisfait de ma récolte dans ces contrées, d'autant plus intéressantes, qu'elles n'avaient point encore été explorées par des Naturalistes. #

Jai été à mème de reconnaître qu'un grand nombre d'objets qui jusqu'a étaient tés comme venant du Cauease, ne provenaient que des steppes qui s'étendent depuis Stavropol jusqu'aux bains de Pétigorsk, si lon en excepte quel- ques espèces d'insectes recueillis sur la route de Tiflis.

Plus nous approchions des neiges éternelles de l’Elbrouz, plus les produc- tions qui s'offraient à nos regards se distinguaient de celles que nous avions ren- contrées jusqu'ici; c'est surtout dans ces lieux que j'aurais désiré parcour ces montagues en tous sens; mais à mon grand regret, il fallut me contenter de mettre à profit mes haltes pour saisir à la hâte ce qui se rencontrait.

Lorsque nous quittèmes les steppes, elles étaient dans leur été, mais à mesure que nous nous élevions sur le Caucase, nous retrouvions le printemps jusqu'à ce qu'enfin parvenus aux glaces éternelles de l'Elbrouz, nous fümes exposés à la neige, à la grèle et à de fréquens orages. De retour à Pétigorsk, quoique nous ne fussions qu'à la fin de juillet, nous irouvâmes un automne complet : les monts Bechtau et les taillis voisins m'offrirent seuls quelques insectes.

Comme Mr. lAcadémicien Kupffer à présenté à l'Académie une relation du voyage à l'Elbrouz, relation qui fut imprimée en 1830 , il devient inutile que j'entre dans plus de détails à cesujet, je me contenterai donc de parler de mes récoltes et de tout ce qui s'y rattache directement. L'expédition scientifique dont le terme avait été fixé à neuf mois, ayant été exécutée dans le court espace de quatre

semaines, il nous restait encore beaucoup de temps pour mettre à profit notre

2 D ——

séjour dans ces contrées ; mais la saison était trop avancée pour permettre de faire une récolte abondante, ce qui nous engagea, M. Meyer et moi, à prier l'Académie de nous autoriser à prolonger notre absence, prière qu'elle ne balança pas de nous accorder; elle nous fit parvenir de nouvelles instructions qui nous enjoignaient d'explorer les bords de la mer Caspienne jusqu'aux frontières actuelles de la Perse. %

Après avoir passé quinze jours à visiter les environs de Pétigorsk, et à mettre nos collections en ordre, nous partimes avec le Général Engelhardt déjà si avan- tageusement connu par son zèle pour les progrès des Sciences, et qui non seule-

ment nous fournit tous les moyens nécessaires à l'exécution de nos projets, mais

qui daigna même nous traiter comme des membres de sa famille, pendant les

irois mois que nous eùmes le bonheur de passer avec lui; sa généreuse pro-

tection nous évita une foule de difficultés inséparables d’un voyage dans ces pays inhospitaliers et dangereux. Nons quittèmes Pétigorsk le 15 août, et iraversèmes la Kabarda pour nous rendre à Grosnaïa, forteresse assez considérable, au pied de la chaîne du Caucase, résidait alors Mr. Engelhardt chargé du comman- dement du flanc gauche de la ligne militaire.

Le terrain qui sépare ces deux endroits est montueux, couvert de hautes herbes en été, coupé de iorrens formés par la fonte des neiges qui, bien que peu profonds, ont une rapidité ielle, qu'il est quelquefois impossible de les tra- verser ; tels sont ceux, par exemple, nommés Baxane, Nalchik, etc. encombrés de pierres entraïnées du sommet des montagnes. Nous longeñmes quelqnes temps le Terek, fleuve imposant, surtout après avoir reçu la Malka, non loin d'Ekaterino- grad. Les environs de Mosdok ne sont que des marais formés par les inondations du Térek, ici, j'eus occasion detuer un assez grand nombre d'oiseaux aquatiques qui nous offrent à peu près les expèces qu'on rencontre au midi de la France, il en est de même des bois qui bordent le Térek le chêne domine; j'y vis beaucoup de Passeres de la France et du midi de l'Allemagne. À 15 verstes

environ du Térek, non loin de Staraïourt, nous visitûmes des sources thermales % I

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sulphureuses qui se trouvent sur le haut d'une peutercolline ; quoique le thermo- mètre ‘de Réaumur nous indiquâts —+ 38°, ces sourceS-éiaient entourées de plantes qui ne paraissaient souffrir en rien de ce voisinage; j'y trouvai un grand nombre de sauterelles, surtout une nouvelle espèce, Zruxalis isabelina mihi, plu- sieurs d'entrelles trouvaient la mort dans ces gouffres de chaleur : des Mus, ou Arvicola avaient leur terrier près de Je parlerai plus tard de tortues d'eau douce, vivant dans des sources dont la température était assez élevée.

De ‘Grosnaïa, situé sur les bords de la rivière Sounja, on jouit du magni- ‘fique aspect d’une grande partie de la chaîne du Caucase ; c'est à 8 ou 10 verstes de ce lieu, que commencent déjà les collines qui, couvertes en parties de bois, “vont bientôt réjoindre la chaîne de montagnes qui court parallèlement à la chaîne principale, dont la crête est couverte de neïges éternelles. Sur ces mêmes collines, dont l'élévation est peu considérable, on remarque des groupes d'arbres fruitiers, qui couvrent de leur ombrage une herbe touffue et vigoreuse; un pareil terrain est propre à nourrir une foule d'animaux ; il s'y trouve en effet beaucoup de gibier, de petits rongeurs et quantité de petits oiseaux, pour la plupart les mêmes espèces qui habitent l'Europe tempérée.

Grosnaïa et ses environs forment de ce côté assez naturellement la frontière ‘du Caucase et des steppes situées à la droite du Térek ; et quoique la hauteur du sol en cet endroit soit à peu près la mème que celle de la mer Noire, le voisinage des montagnes d’alentour supplée à l'influence d’une plus grande élévation.

Ce ne fut que vers la fin d'octobre quenous pûmes quitter Grosnaïa, après avoir reçu de Son Excellence le Général Engelhardt des lettres pour tous les ‘Commandans des forteresses situées sur son territoire, et par lesquelles nous devions passer. Nous étions accompagnés d'un convoi militaire assez considérable: nous longeâmes aïnsi la ligne du Caucase jusqu'a Kasiourt, ne faisant guères que ‘vingt verstes par jour.

Après y être restés quelque temps, nous nous dirigcâmes vers la mer Caspienne,

et à Tarki, nous l'apercümes pour la première fois.

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Depuis ce dernier endroit, nous eümes partout des difficultés pour obtenir des ‘chevaux de train pour conduire nos équipages, ce qui nous reünt à chaque ville plus ou moins de temps; nous allions également à petites journées par de forts mauvais chemins, heureusement nous n'avions plus rien à craindre des montagnards, quoique pour toute sûreté nous eussions toujours quelques hommes à cheval pour convoi, uniquement pour nous faire respecter dans un pays la différence de religion était suffisante pour nous préparer un mauvais accueil : ces Tartares nous refusaient souvent les choses les plus nécessaires. Quand le temps le permettait, je ne manquais jamais de chercher à augmenter nos collections; je rencontrai sur la route plusieurs couples d'Æ4ras rulila, mais très difficiles à approcher lorsque j'étais à pied, quoique Îa voiture passât souvent très près de ces canards; d'innombrables trouppes d’oies sauvages, de cigognes qui abandonnaient les lacs pour se rendre à la mer, et dans les champs, des bandes de pigeons (Columba

Bvia ei OEnes).

Depuis Koubi jusqu'a Bakou, nous ne pûmes obtenir que des chevaux de

cosaques, qui n'avaient jamais servis à l’attelage, aussi nous fallait-1l passer quel- ques heures à chaquestation, pour choisir les mois fougueux, et par conséquent les plus propres à conduire notre équipage, qui fut versé cependant; accident dont nous fûmes heureusement quitte pour quelques contusions.

Enfin, à notre grande satisfaction, nous arrivâmes à Bakou le 9 décembre, où, grâces à nos recommandations auprès des autorités, nous reçumes ‘un logement à l'européenne, c'est-à-dire avec des fenêtres, un poële, des chaises et des tables, ce que nous n'avions guères vu depuis Kasiourt.

Le Daghestan est borné au nord par la rivière Soulak, à lorient par la mer Caspienne et à l'occident par une petite chaîne de montagnes qui est à peu près parallèle à la mer, en formant une vallée qui vers Derbent se rétrécit.

Le sol assez aride de cette conirée, laisse encore apercevoir des traces d'al-

luvion, ce qui me porta à présumer que les productions en seraient tout autres

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que celles des contrées voisines ; ce qu'en effet mes recherches confirmérent, aussi est-il de la plus haute importance, ainsi que je l'exposerai plus tard, d'avoir écard

à la nature des terrains dont l'influence snr les animaux se fait sentir si visi-

‘blement. | Bakou, situé sur les bords de la mer Caspienne, dans la presqu'ile d'Ab-

chéron, est entouré à plusieurs verstes à la ronde d'un ierrain plus aride et plus stérile que le Daghestan, ce qui donne à cette contrée un caractère tout différent de la chaîne du Caucase.

Cette ville est adossée à des montagnes de peu d'élévation, qui sont d'un calcaire coquillé plus ou moims compact, et d'une formation assez récente. Ce calcaire contient en partie les mêmes espèces de coquilles que l'on trouve encore vivantes sur le rivage. :

Les vents violents qui règnent presque continuellement encombrent de sable les lieux bas, déjà presque dépourvus de terre, et les dessèchent tellement, qu'on ne rencontre près du rivage, et sur les collines voisines, que de petites plantes, et quelques faibles arbusies dans les ravins abrités, encore n'est-ce qu'à l'apparition du printems. k

Cette contrée, si peu favorisée du ciel, n'offre aux regards du voyageur, surtout de Bakou jusqu'à quelques verstes du Kour, que des plaines sablonneuses à peine on aperçoit de tempsentemps un chétif buisson, on quelques plantes salines; le chasseur exposé pendant toute la journée à une chaleur accablanie ne trouve qu'une eau saumâtre pour étancher la soif qui le dévore, encore les puits on la rencontre, sont-ils à des distances considérables. La singulière teinte que répand sur la contrée la lumière blanchâtre du solel, fatigue la vue, et inspire un sen- üment triste assez difheile à rendre, en un mot, tout jusqu'aux animaux, con- tribue à donner à ces régions l'aspect d'un désert de l'Orient ; tels sont, par exemple, des troupes d'Antilopes qui s'y disputent à la course, des Péerocles, Cursorius, Olis telrax , etc. et parmi les insectes, nombre d'hétéromères , de sau-

relles, etc.

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Je passai l'hiver à me procurer les oiseaux aquatiques qui pendant cette saison, viennent se réfugier sur les côtes de la mer Caspienne ; parmi l'énorme quantité d'individus, je fus étonné de ne trouver qu'un très petit nombre d'espèces, encore ne s'y rencontraient-elles pas toutes en même temps; l'émigration du prin- temps commença déjà vers la fin de février; des troupes de canards, d'oies, de pélicans, etc. abandonnaient la côte, et des bandes considérables de petites outardes (ottis tetrax, Lin.) venaient de lorient etsemblaint se diriger vers la province du Chirvan.

L'impossibihité de voyager en voiture, nous obligea de laisser nos équipages à Bakou, et le 27 avril, nous quittèmes cette ville, pour continuer à cheval le voyage que nous avions l'ordre d'exécuter. Le peu d'effets que nous emportâmes fut chargé sur deux Arbas (espèce de charrette à deux roues}. Notre suite était composée de plusieurs tartares et d'un interprète. À notre départ, nous suivimes les bords de la mer, afin de profiter des Karavanserails, les seuls bâtiments qui soient sur la route depuis Bakou jusqu'à Salian, ville située sur les bords du Kour (ou Cyrus des anciens), nous arrivâmes le 1 mai.

Ce ne fut qu'à l'approche du Kour, que nous aperçûmes quelques traces d'une nature plus riche, car jusque là, les steppes que nous avions traversées présentaient un aspect assez triste, quoique ce füt dans la plus belle saison, et si l'on excepie les plantes salines qui étaient d'abord répandues ça et là, ainsi que nous l'avons déjà dit, on ne rencontrait que très rarement quelques buissons grèles et chétifs ; mais les beaux arbres qui bordent le Kour près de Salian, ainsi que les steppes environnantes, bien qu'elles fussent encore marécageuses , me donnèrent de grandes espérances, en effet, la récolte d'insectes, surtout relativement au nombre des individus, fut vraiment prodigicuse. |

Je me rendis aux pêches d’esturgeons, environ à 30 verstes de la mer je restai quelques jours à étudier , et surtout à débrouiller les différentes espèces d'Accipenser, et j'avoue que ce travail ne m'avait pas d'abord paru facile.

Nous arrivàmes le 17 à Lenkoran, après avoir traversé un pays riant, cou-

vert de steppes dont la végétation était vigoureuse; le village Kizil-agaz est surtout

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remarquable par ses magnifiques vergers; de grands arbres étaient entièrement cou- verts par la vigne sauvage, et des miliers de rossignols faisaient retentir ces lieux de leurs chants mélodieux, pendant qu'on entendait par intervalle les cris plain- tifs des schacals, en un mot tout, dans ces riants paysages, contrastait singu- lièrement avec la triste stérilité des environs de Bakou.

Nous avions alors en vue les montagnes de Talyche qui, presque entièrement couvertes de forêts de ce côté, redoublaient l'impatience que nous éprouvions de les attemdre. | |

Lenkoran, situé sur les bords de la mer, est en partie entouré de vastes champs de riz que lon arrose dan s cette saison, ce qui m'obligeait à pousser assez loin mes excursions. En remontant la rivière Lenkorandka, on parvient bientôt dans de grandes forêts contigües à celles des montagnes de Talyche.

À :12 verstes environ de Lenkoran, j'allai visiter des sources thermales sulphureuses ; je fus fort étonné d'y trouver une quantité de tortues (Æmys Caspica) à une température de plus de + 32° Réaumur; ces sources sont situées au milieu d'épaisses forêts, et non lom de, on remarque une source d'eau douce qui n’a que + 11°. Nous ne restèmes à Lenkoran que le temps nécessaire pour faire les préparatifs de notre voyage dans les montagnes; le Commandani mit beaucoup de zèle et de bonté à aplanir les difficultés ; et le 30 mai, après avoir obtenu par ses soms quelques gens et surtout les ordres indispensables pour trouver partout ade et asistance, nous parlimes avec noire interprète.

La chaîne de montagnes du Khanat de Talyche peut avoir jnsqu'aux frontières actuelles de la Perse, une étendue de 50 à 60 verstes, sur environ 20 de large; sa direction est à peu près du N. E. au S. O. Un porphyre noiïrâtre, très friable en certains endroits, paraît en être la base, tandis qu'un grès, assez compact s'élève jusqu'à près de 3000 pieds. Ces montagnes sont boisées jusqu'aux deux tiers de leur élévation, d'où elles sont ensuite recouvertes d'herbes assez vigoureuses souvent jusqu'à leur sommet. Les points les plus élevés peuvent avoir 6 à 7000

pieds ; nous parcourûmes ces montagnes en plusieurs sens, et j'y trouvai d'assez

9

jolies espèces d'animaux. Nous étions de retour le 26 juin à Lenkoran, mais malheureusement le choléra-morbus, ce fléau qui arrivait alors de la Perse, nous obligea de partir pour échapper à cette épidémie; nous désirions surtout encore revoir les montagnes neïigeuses du Caucase, et nous n'avions que peu de temps à nous pour effectuer ce projet, d'ailleurs les environs de Lenkoran n'offraient déjà plus de nouveautés, lorsqu'on s'écartait des forêts, les plaines étant entièrement brûlées par l’ardeur du soleil.

Nous avons été visiter l'île Sara, à 15 verstes environ de Lenkoran. stationnent _ quelques bâtimens de guerre, et comme à cette époque on envoyait à Astrakhan un brick qui devait relâcher à Bakou, nous profitâmes de cette occasion pour fure ce voyage plus agréablement. Nous partimes le 7 juillet à bord de la Miana, commandée par le Capitaine Kmiéseff ; nous moullâmes à l’île de Svinoë, qui ne date son existence que de peu d'années, et ne la doit qu'aux Pseudo- Volcans: cette île de peu d'étendue était en partie’ couverte de petits cratères bouillon- nait de l'eau, et quelque peu de Naphie, laissant échapper beaucoup de gaz in- flammable, Je ne fus pas peu surpris de trouver ici une grande quantité d'oiseaux tels que des Larus glaucus, canus, Carbo cormoranus, Serna hirundo, dont les deux dernières espèces n'avaient encore que des oeufs qui, répandus sur le sable entre quelques plantes salines, couvraient une assez grande surface. Nous arrivämes à Bakou îe 10 ; la ville était alors en proie au terrible fléau qui ensuite a par- couru tout l'Empire; la chaleur suffocante m'occasionnait une telle faiblesse que ce n'était qu'avec peine que je pouvais faire quelques verstes, le thermomètre ne monirait cependant pas plus de + 26° Réaumur. Il n’y avait plus rien à espérer des environs de Bakou, aussi dès que nous pûmes quitter cette ville, ce qui n'eut lieu que le 19, nous continuâmes notre route. Arrivés au Bècheber- mak, l'essieu d'un de nos équipages se rompit, ce qui nous retint plusieurs jours; nous füùmes obligés d'envoyer à plus de 60 verstes pour en faire faire un autre. Le Bèchebermak, montagne isolée de mille pieds d’élévation, se trouve à deux ou

*. e e. _ trois verstes de la mer tout au plus. Par sa formation, cette montagne paraît D

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avoir une origine commune avec le Caucase, car le calcaire du Bèchebermak, ainsi que les empreintes de coquilles que l'on y remarque, $ont absolument sem- blables aux formations que nous observèmes plus tard au Schadach.

Les collines qui: l’environnent sont couvertes de petits buissons pour la plu- part de grenadiers.

Nous étions à Kouby le 26, les environs, quoique assez favorisés par leur situation, ne nous retinrent que peu de temps, attendu que nous désirions vivez ment nous rendre au Schadach. À notre grande satisfaction, nous apprimes que l'on pouvait faire ce voyage sans danger , toutefois en évitant d'aller jusqu'aux lieux dans cette saison, les Lesghis se rendent avec leurs troupeaux. Accompagnés d’un Jessaoul, (autorité du pays,) nous fûmes bientôt en route, tous les villages envi- ronnans étaient alors en proie au terrible Choléra-morbus qui en moissonnait la population ; un d'eux cependant était encore préservé de ce fléau, mais à l'in- fluence dévastatrice duquel il fut pourtant soumis plus tard. Arrivés sur un plateau de plus de 8,000 pieds d'élévation, nous trouvâmes de nombreux troupeaux dont les propriétaires étaient logés sous des tentes de feutre (Jourtes,) nous reçûmes l'hospitalité. L’épidémie n'y avait pas encore paru, et comme nous y restèmes plusieurs jours, cela nous permit de faire des excursions dans les montagnes voi- sines. Le Schadach paraît être entièrement formé d’un calcaire encore plus com- pact que celui des montagnes plus basses qui s'étendent depuis Kouby; mais le Touffendach, l'Ourouchedach, etc. quoique d’une élévation beaucoup moins con- sidérable sont de schiste. Les matinées étaient superbes, mais ordinairement, vers le milieu de la journée, de violens orages accompagnés de neige et de grêle venaient fondre sur la contrée, et souvent la nuit nous avions de petites gelées.

Je trouvai ici une foule d'insectes que j'avais remarqués l'année précédente à l'Elbrouz ; la saison était malheureusement trop avancée pour réaliser mes espérances , cependant je trouvai encore un assez bon nombre d'espèces nou-

velles,

De retour à Kouby, nous continuâmes bientôt notre chemin vers Derbent,

nous fümes obligés de rester plus de quinze jours; on ne rencontraît déjà plus que les oiseaux ou les insectes qui s’y voient à peu près toute l’année,

Nous restâmes à Pétigorsk quelque temps pour mettre nos collections en ordre. Ce fut le 8 octobre que nous partimes pour St.-Pétersbourg nous n'arrivames que Île 19 décembre, à cause des nombreuses quarantaines et des mauvais chemins. |

Le séjour de courte durée que je fis près du Don, m'a mis à même de rap- porter quelques poissons de cette rivière.

Après les fatigues, les privations, les dangers de tonte espèce auxquels nous fûmes exposés pendant ce long voyage, j'éprouve le profond regret de n'avoir pu obtenir les résultats que dans des circonstances plus favorables j'étais en droit d'attendre. Jose espérer cependant, que les objets nouveaux que j'ai rapportés

offriront quelque intérêt, et me serviront d’excuse auprès de juges indulgens.

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Les collections d'animaux que j'ai faites, pendant ce voyage peuvent rela- üvement à leur habitat, se diviser de la manière suivante:

1. Animaux des montagnes du Caucase.

>. Animaux des bords de la mer Caspienne à l'Ouest, ei nommément

près de Bakou. |

3. Animaux des steppes depuis le Kour jusqu'à Lenkoran, et enfin des

montagnes de Talyche.

I est plus essentiel qu'on ne le pense d'abord, de déterminer rigoureusement le lieu l’on trouve les animaux, vu que beaucoup d'espèces ne se répandent pas volontiers dans les pays environnans, surtout quand le sol n’est pas de même nature que celui ils sont habituellement.

Pour être en état de faire une réparütion exacte des animaux sur les dif- férens points du Globe, il est donc indispensable de bien s'entendre sur la nature du sol de telle ou telle contrée, et sur les limites qu'on lui accorde; aussi me suis-je appliqué en établissant les distinctions de parrie, à saisir les divers carac- tères qui pouvaient être adoptés pour fixer ces limites. C'est dans ce but que j'ai fait les tableaux suivans, l'on verra qu'à l'exception de quelques espèces très communes qui, par cela même, paraissent avoir le privilége de se répandre partout, la plupart sont renfermées dans des limites assez restreintes.

C'est surtout pour la classe des insectes qu'il importe le plus d'avoir égard à ces divisions: car beaucoup d'insectes que l’on cite comme appartenant à la Russie méridionale en général, attendu qu'ils ont été trouvés soit en Podolie, en

Volhynie, en Crimée, ou même dans les provinces transcaucasiennes, n'habitent le

plus souvent qu'une de ces contrées. On a également donné beaucoup trop d'étendue à la dénomination de Caucase, en l'affectant, non seulement à toute A province qui porte ce nom, mais encore en y comprenant la Géorgie, les bords de la mer Caspienne, etc.

Je crois devoir proposer de ne comprendre sous la dénomination de Caucase que la chaîne de montagnes qui portent ce nom, en lui assignant pour limites, au moins pour la partie septentrionale , la hauteur de 1000 à 1500 pieds: dès lors on distinguera les steppes qui s'étendent depuis Stavropol jusqu'à Pétigorsk, et principalement les bords de la mer Caspienne qui ne se ressentent nullement du voisinage du Caucase.

IL CHAÎNE DU CAUCASE.

M'étant précédemment occupé de l'influence qu'exercent sur les animaux, les hauteurs des lieux qu'ils habitent, J'ai saisi cette nouvelle occasion de pour- suivre mes observations à ce sujet. Le Caucase m'offrit sous ce rapport les ré- sultats les plus intéressans.

Depuis les bains de Pétigorsk, le terrain change d'aspect à mesure que l'on sélève vers le Caucase, de façon que chaque région a ses animaux distribués dans des limites qui souvent sont ainsi que Fai dit, plus restreintes que l'on aurait pu se l'imaginer.

Pour la plupart d’entr'eux, on pourrait assez bien caractériser ces hmites, en adoptant les divisions suivantes :

1. Le Pied des montagnes, c'est-à-dire depuis deux jusqu'à six mille pieds d'élévation. Au printemps et en été, ce terrem, abondamment arrosé par les eaux que fournit la fonte des neiges, présente une végétation pleme de vigueur pen- dant ces saisons, une foule d'insectes s'y renouvellent, et les animaux des classes supérieures y trouvent une nourriture suffisante , aussi est-ce la partie qui en contient le plus.

2. Les Régions subalpines, entre six et huit mille pieds.

Ici la saison est courte, la variété des espèces qui se succèdent avec rapi-

14

dité, en fait paraître le nombre plus considérable ; il semble que tout se hâte de vivre. Les animaux sont déjà presque tous indigènes à €es hauteurs.

3. Enfin £s montagnes noires, ainsi nommées parce qu'elles sont de schiste, et contrastent, par leur couleur, avec les neiges des montagnes auxquelles elles sont adossées.

Cette dernière partie serait comprise entre huit et dix mille pieds, les animaux sont en petit nombre et d'autant plus stationnaires.

On peut ainsi dans un tableau synoptique, assigner aux diverses régions et d'une manière assez précise, les animaux qu'elles nourrissent.

Comme le printemps ne parvient que successivement des steppes jusqu'aux confins des neiges éternelles qui couvrent les sommités des alpes Caucasiennes, on voit dans cette saison quelques espèces quitter leur contrée habituelle pour jouir de plusieurs printemps pendant la même année, néanmoins cette émigration n'a lieu que chez un assez petit nombre d’animaux que le besoin de nourriture y obligent, ou que la mulüplicité des individus portent à se disperser, ainsi qu'on le voit partout.

On serait peut-être porté à croire que les animaux qui peuplent les hautes alpes, devraient souffrir considérablement du manque de nourriture, la durée de la belle saison y étant si courte; mais il ne faut pas oublier, que la plupart des Mammifères qu'on y reucontre appartiennent aux Gres, qui s’engourdissent pendant l'hiver et que d’autres de la classe des carnassiers et herbivores, tels que, chats sauvages, renards, cerfs, chêvres, etc. descendent dans les vallées, sans ce- pendant dépasser la hauteur de 2000 pieds.

IT. Les CÔTES OCCIDENTALES DE LA MER CASPIENNE, DEPUIS TARKI JUSQU'A BAKOU, ET AU-DELA.

C’est surtout dans la presqu'ile d'Abchéron qu'on est à même d'établir la différence qui règne entre les productions de ces lieux, et celles du Caucase, tant par la natnre du sol, que par sa situation.

IT. Du Kour gJusqu'AUx FRONTIÈRES ACTUELLES DE LA PERSE.

À parür du Kour, jusqu'à Lenkoran, les steppes se distinguent par une vé-

gétation plus riche et plus riante et qui annonce le voisinage des montagnes de Talyche. La steppe appelée Mougan , est arrosée par des ruisseaux qu’alimentent des marais assez vastes. Lenkoran situé sur les bords de la mer Caspienne, est entouré de forêts qui s'étendent jusqu'aux monts Talyche, éloignés de 40 verstes environ de la mer.

S'il s'agissait de donner une classification géographique des animaux, on pourrait regarder les montagnes de Talyche comme la frontière naturelle .entre la Russie et la Perse. J'ai eu l’occasion de voir des insectes recueillis aux envi- rons d'Erivan, parmi lesquels se trouvaient beaucoup de ceux que j'avais récoltés sur les montagnes de Talyche. Une chose assez remarquable, c'est qu’on ren- contre plusieurs espèces d'animaux, surtout d'oiseaux qui se trouvent en Sardaigne en Sicile, en Espagne, etc, d’autres dont la forme et la couleur rappellent celles que présentent l'Arabie, la Nubie, etc. et enfin des espèces qui m'ont paru appartenir en propre à ces pays. On voit encore sur le sommet de cette chaîne un petit emplacement en forme de bassin, (d’une étendue d'environ 10 verstes, en longuenr et de 2 à 3 verstes en largeur) nommé Zouvant composé du même Porphyre dont nous avons déjà parlé, et dont la végétation se distingue par un caractère tout particulier, due peut-être à ce porphyre noir qui s'y trouve à découvert; à peine y voit-on quelques arbres le long des ruisseaux. On est sur- pris en arrivant dans ce bassin, de retrouver sous plus d’un rapport une ressem- blance avec les environs de Bakou ; pour les insectes, par exemple, je citerai un grand nombre d’hétéromères, appartenant aux genres Pérelia, Blaps, Hedyphanes, etc. dont plusieurs espèces se trouvent également près de cette ville.

Les détails que je viens de donner ici, et auxquels on pourrait en joindre beaucoup d’autres, ont pour but de prouver l’analogie qui existe entre les mon- tagnes de Talyche, et l'Orient et le midi de l'Europe. Il sera facile de fairé ces rapprochemens à l'aide du tableau précité qui se trouve à la fin de ce travail.

Les hauteurs dont il sera fait mention, ont été déterminées avec des Baro- mètres que l’Académie nous avait remis; elles sont exprimées en pieds de Panis,

et comptées du niveau de la mer Noire.

MAMMIFÉÈRES.

Ce n'est qu'avec difficulté que l'on peut se procurer des Mammifères dans de pareils voyages , devant parcourir d'assez grandes distances dans un assez court espace de temps ; le nombre des espèces n'est du reste pas très grand dans ces contrées, et quoique l’on remarque dans les steppes un grand nombre de Mus, Arvicola, etc. et d'autres Gres ils se rapportent à un assez petit nombre d'espèces.

Quant aux plus grands animaux, ce n'est pas dans les steppes qu'ils abon- dent, et ce n’est guère que l'hiver qu'on peut se les procurer; partout j'ai passé, je me suis rendu dans les bazards, chez les pelletiers, etc., cherchant à augmenter mes collections : j'ai eu particulièrement occasion de voir, combien peu l’on doit se fier aux rapports de ces marchands ; ils achètent les peaux d’ani- maux, dans les foires, ordinairement à Nijni-Novgorod, et il leur est fort peu im- portant de savoir d’où ses objets y sont arrivés; aux questions qu'on leur fait ils répondent souvent au hasard, et si on leur demande quelques explications, ils avouent alors qu'ils ne peuvent vous satisfaire. C'est de cette manière que l'on a cité à tort plusieurs animaux venant du Caucase, qui ne s’y trouvent certainement pas. Je me suis appliqué à mieux préciser l'habitat de ces animaux, tant d'après les renseigne- mens que m'ont fourmi les naturels du pays, que d’après ceux des chasseurs russes qui y demeurent depuis plusieurs années ; je ferai mention de mes observations

à l'article qui traite de ces animaux.

Le Chiropières se rencontrent au Caucase et à Lenkoran , mais en très petite quantité, et quoiqu'il n’y eüt pas de soir, je ne fusse à leur recherche, je ne pus en réunir que trois espèces qui appartiennent au genre ’espertiho, N'ayant point les matériaux, je n'ai pu m'assurer si elles étaient nouvelles, ()

1. ÉRINACEUS EUROPAÆUS, Linn. On le rencontre au Caucase, jusqu'à la hauteur de 8000 pieds; il se trouve aussi dans les jardins près de Bakou. 2. ERINACEUS AURITUS, Gmel. Pall. Zoogr. Russ. Asiat. T. 1. p. 138. Ïl est très commun en été, dans les jardins fruitiers à trente verstes de Bakou, ainsi que plus près dela mer; mais je ne l'ai pas vu à Lenkoran, et ne crois pas qu'il se trouve au Caucase , quoique plusieurs personnes assurent l'y avoir vu. 3, TArPA EUROPÆA, Linn.' Elle n’est pas rare à Lenkoran, près des jardins.

L'Ours brun se trouve dans les bois, au pied des montagnes du Caucase,

(*) VESPERTILIO SEROTINUS ?

Oreille triangulaire, oreillon étroit, arrondi vers l'extrémité, son bord extérieur un peu échancré; la queue dépasse la membrane interfémorale, Le dessus du corps est d’un brun assez clair chez les femelles, plus roussâtre chez les mâles ; le dessous est d’un fauve pale, à poils beaucoup plus courts que ceux du dessus: les membranes et les oreilles sont noires,

Cette espèce est très commune dans Les forêts, sur les montagnes de Talyche, elle vole la nuit au mois de mai,

VESPERTILIO, 2,

Oreilles, queue et membranes comme la précédente, le dos est d’un roux foncé, et le ventre un peu plus clair; mais elle est deux fois plus petite.

Elle vole à la tombée du jour, dans les mêmes lieux que la précédente.

EN ou

MELESs VULGARIS, Briss. Desm. 266. Ursus meles, Lann. Il est assez commun dans le Caucase, de la peau, les Cosaques font

des fourreaux pour leurs fusils. MUSTELA VULGARIS, Linn.

Mr. le Docteur Conradi, en tua une variété blanche , près. des eaux du Caucase en janvier. MUSTELA FoINA, Linn.

J’achetai plusieurs peaux de fouines, que l’on m'assura avoir été tuées. dans les montagnes du Caucase.

LUTRA vULGARIS, Erxl. Mustela lutra, Linn.

Je n'a pu me procurer que des peaux endommagées , qui venaient des montagnes du Caucase; je soupçonne l'existence d’une autre espèce, dont Je n'aurais vu que les peaux ; elles avaient, avec la queue, plus de cinq pieds de long, et étaient d’une couleur beaucoup plus claire; les tatares les estiment davantage. Une peau coûte jusqu'à 80 roubles ; la commune ne se paye que 18 à 20 roubles.

CANIS AUREUS, Linn.

Il est des plus communs à Lenkoran; la nuit il sort des bois, et se üent dans les steppes près de la mer; il est très familier, je l'ai vu le jour à cinquante pas des habitations, guettant l'instant favorable pour enlever quelque volaille ; ils emportèrent même uné nuit les bottes de nos

gens, à dix pas de l'endroit ils étaient couchés. Ils ont très peur des

nee GE CE

Dirvis, à deux incisives en haut.

VESPERTILIO, NO 3,

Oreilles allongées, échancrées extérieurement, largement rebordées, sur le même eôté; oreillon étroit,

arrondi à l’extrémité; queue ne dépassant pas la membrane interfémorale :

, A Elle est d’un gris brunâtre en dessus, d’un blanc argenté sous le ventre; membranes d’un brun roussâtre.

Cette espèce est très commune dans les Caravanserail, sur les bords de la mer Caspienue; elle vole

un peu avant la nuit en juillet.

10.

II:

12.

19

chiens, et quoique la nuit ils se réunissent en grand nombre , ils n'osent attaquer notre vigilant gardien; c'est alors qu'ils font entendre ces cris plain- üfs, que l'on à déjà comparés avec raison à ceux de jeunes garçons que l'on battrait. On les prend facilement au piège,

On raconte qu'autrefois il y en avait beaucoup près de Derbent, je n'en ai ni vu, m entendu aucun; Gmelin dit qu'ils se réunissaient en tr oupes de quatre à cinq cents, ce qui ne leur serait guère possible maintenant.

Je ne crois pas qu'il se trouve an Caucase, si ce n’est dans les forêts des environs de Kouby.

Canis vVCLPES, Linn.

Il est très commun au Caucase, on le chasse au lévrier. Il offre une grande variété dans la couleur, ce qui provient vraisemblablement des différentes hauteurs qu'il habite,

On m'a assuré que l'on avait tué, dans les hautes Alpes du Caucase, des renards noirs: ce serait peut-être le Canis Alopex , Linn.?

GANIS MELANOTUS, Pail. Zoogr. Ross. Asiat, T. L p.44. Koragan Gmel.

Pal. Reise T. L p. 199 234.

J'en ai vu une grande quantité de peaux dans les bazards de Kislar, et que l'on m'a certifié venir des montagnes de Kouby.

Les russes l’appellent Æapaxans. (Karakan.)

On vend également sous le nom de Korsak dans les bazards de Kis-

lar et de Novotcherkask, des peaux, en assez mauvais état; amis corsac,

Linn. Pall. Canis Lupus, Linn. Il n'est pas rare sur la pente orientale du Caucase, et même dans les

forêts du Khanat de Talyche ; à Lenkoran sa peau ne vaut que 6 à

8 roubles. HYOENA vuLGARIS, Desm, 331. Canis hyæna, Linn.

Chaque hiver, m'a-t-on assuré, on en tue sur les montagnes de Talyche.

3%

13. FEuS TIGRIS, Linn.

Pendant notre séjour à Lenkoran, Jj'eus le bonheur d'acquérir un tigre qui venait d’être tué à quinze verstes de là. Il ne paraît pas différer du tigre du Bengale, surtout d’après l’examen de la tête osseuse, ce dont M. le Dr. Pander a bien voulu s'assurer lui-même: c'est une femelle en voici les dimensions: depuis le bout du museau pasqu’à la naissance de la queue, 5 pieds 2 pouces, et du haut de Fépaule jusqu'aux ongles, 2 pi. 2po. 6 li. Mr. Ehrenberg, dans les Annales des sciences, a donné des détails relatifs au tigre de Sibérie qui paraît ne différer en rien, ni de celui-ci, ni de celui du Bengale.

D'après ce que j'ai appris, il paraît que chaque année, on en tue au moins un dans ces parages : peut-être que poursuivis par des chasseurs ces animaux s'égarent dans les steppes, et viennent alors se réfugier dans les forêts voisines des bords du Kour. |

Je ne crois pas qu'il se trouve au Caucase, quoique beaucoup d’au- teurs le prétendent; malgré mes recherches, je n'ai trouvé personne qui pût m'assurer l'y avoir vu; les peaux qui nous sont parvenues en Europe, venaient probablement de la Géorgie, et comme plusieurs naturalistes, étendent la dénomination de Caucase jusqu’à ces contrées, de vient assu- rément l'erreur généralement accréditée de la présence de tigres dans le Caucase: il en est de même des autres grandes espèces de ce genre, dont on rencontre les dépouilles dans les bazards de Derbent, de Kislar, etc. Je le répète, la plus grande partie des fourrures, viennent de la foire de Nijni- Novgorod ; d'ailleurs comment n'aurait-on pas entendu parler de si grands animaux sur la ligne militaire du Caucase, les officiers et même les soldats sont presque tous chasseurs ? |

Je vis également dans les bazards de Kislar des peaux de léopards (feñs leopardus, schreb. pardus, Cuv.) qu'aupremier abord, l’on me dit venir

du Caucase; mais je m'assurai bientôt qu’elles venaient de Sibérie.

14. VFELIS CATUS, Linn. (ferus.)

Il n'est pas rare dans les forêts cisalpines du Caucase, les Russes l'appellent Juxas xowxa (chat sauvage) nom qu'ils donnent selon Pallas., au els chaus, Guld. ; l'hiver il descend dans les steppes afin de pourvoir à sa nourriture.

15. FELIS CERVARIA, Tem.

J'achetai à Bakou des dépouilles de cette espèce, que l’on me dit positivement venir des montagnes du Caucase.

Les Persans le nomment Z’arschach.

16. CALOCEPHALUS VITULINUS? Fr. Cuv. Phoca vilulina, Linn. Phoca canina, Val. Zoogr. Ross. Asiat. T. T, p. 114.

Mr. Ehrenberg, qui a